La CTOP en riposte contre la pandémie du coronavirus
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Au Togo, le premier cas confirmé de la maladie à coronavirus a été signalé le 06 mars 2020. Depuis, on a observé un accroissement des cas. Cette situation a amené le Gouvernement togolais a déclaré l’Etat d’urgence sanitaire le 1er avril 2020 avec un certain nombre de mesures de riposte face à la pandémie.

Face à cette situation, Ayéfoumi OLOU ADARA, Président de la CTOP, dans une lettre adressée aux 20 fédérations d’organisations paysannes membres le 1er avril 2020, a appelé à une solidarité paysanne dans la riposte contre la Covid-19 en soutien aux actions du Gouvernement togolais. « Je vous exhorte à accentuer la sensibilisation sur les gestes barrières annoncés par le Gouvernement, dans vos fédérations, unions et coopératives agricoles ainsi que dans vos communautés.» a-t-il déclaré.

A cet effet, la CTOP a entrepris des actions de communication en faveur de ses membres et des communautés rurales via divers canaux et élaboré un plan global de riposte. De ce plan, plus de 700 leaders d’OP, dont 175 femmes, soit 25% et 199 jeunes, soit 30 % de 500 coopératives ont été sensibilisés sur le respect des gestes barrières édictés par le Gouvernement. Aussi, plus de 15 000 bavettes ou cache-nez et des gels hydro-alcooliques sont été distribués dans 20 préfectures et 40 communes du Togo avec une forte participation des Préfets, Maires et Directions préfectorales de la santé. 

En rappel, l’apparition de la pandémie au Togo a coïncidé avec la période de mise en marché des céréales, le début de la campagne agricole 2020-2021 dans le sud du pays. Ce qui a occasionné des difficultés particulières au niveau de certaines filières :
• filière avicole, difficulté d’accès aux intrants tels que les poussins d’un jour, les produits vétérinaires...qui sont souvent importés ;
• filière café-cacao, faibles exportations dû à l’inexistence de la demande du produit ;
• filière anacarde, bradage des récoltes à 200 f CFA/ kg au lieu de 325 f CFA initialement conclu entre les acteurs et les grossistes n’ayant pas de liquidité pour payer les produits ;
• filière pêche maritime, l’instauration du couvre-feu de 20 heures à 06 heures du matin et l’interdiction d’accès à la plage par le Gouvernement empêchent les pêcheurs d’exercer leur activité.

Il en découle la difficulté qu’ont éprouvée les producteurs à rembourser leurs dettes et qui compromet leur relation avec les institutions financières pour les campagnes à venir.
Pour ce faire, la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) a réalisé une évaluation rapide de l’impact de la pandémie qui révèle ce qui suit : l’interdiction de déplacement d’une préfecture à une autre, bien que ne concernant pas les marchandises, les tracasseries routières et l’impossibilité pour les commerçantes de se déplacer personnellement pour faire les achats en milieu rural n’ont pas facilité l’écoulement des produits agricoles. Dans certaines préfectures, les grands marchés hebdomadaires (marché de Tsévié et de Vogan-Région Maritime, marché de Gléi-Région des Plateaux etc.) ont été carrément fermés rendant impossible l’accès des agriculteurs au marché. La CTOP a également conclu le 16 avril 2020, une convention cadre avec le Groupe DEC, fournisseur d’intrants, pour rapprocher les intrants agricoles des producteurs de leur magasin afin de les aider à relancer la campagne agricole 2020-2021. Le processus de déploiement de 40 000 tonnes d’intrants est en cours. Les fédérations membres de la CTOP ont également mené des initiatives. C’est le cas de la Fédération des professionnels des filières bétail et viande du Togo (FENAPFIBVTO) qui a équipé tous les marchés à bétail du Togo de dispositifs de lavage des mains et du Réseau des jeunes producteurs et professionnels agricoles du Togo (REJEPPAT) qui a entrepris la fabrication des dispositifs de lavage des mains à partir de matériaux locaux mis à disposition de 10 fermes agro- écologiques.

« L’impact de la Covid-19 s’est très ressenti au niveau des producteurs agricoles dans la mesure où depuis le début de l’Etat d’urgence décrété par le Chef de l’Etat, les produits des paysans sont restés dans les magasins par manque de marché, il n’y a pas d’écoulement. Aussi, nous avons assisté dans la région Centrale du Togo, à des scènes où les maraîchers qui font presque 10 tonnes de gombo par semaine et qui ont leurs champs au-delà de la frontière Togo-Bénin, être empêché par les forces de l’ordre qui faisaient respecter les mesures prises par l’Etat. Ces derniers ont vu leur gombo pourrir dans les champs. Dans la région Maritime du Togo, le couvre-feu instauré par l’Etat empêche les pécheurs de vaquer à leur occupation quand nous savons que c’est au petit matin que leur travail se fait. Il y a aussi le cas des aviculteurs qui n’arrivent plus à commander les poussins d’un jour qui sont souvent importés. », témoigne Ayéfoumi OLOU-ADARA, Président de la CTOP.

La CTOP poursuit la mise en œuvre des actions inscrites dans son plan de riposte afin de soutenir les petits producteurs déjà vulnérables à faire face au choc causé par la pandémie du coronavirus.



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