Entretien avec la Présidente du Réseau National des Femmes Agricultrice du Togo (RENAFAT)
Rédaction : Bonjour Madame, vous êtes la Présidente nationale du RENAFAT, pouvez-vous vous et présenter le RENAFAT ?
Mme AGBERE : Merci, d’abord permettez-moi de me présenter, je suis Madame AGBERE Bariétou, je suis productrice agricole à Tchamba dans la région centrale et Présidente du Réseau National des Femmes Agricultrice du Togo (RENAFAT). Le RENAFAT est crée le 23 Octobre 2012 à Lomé et regroupe 86 unions de productrices sur toute l’étendue du territoire national. Il est membre de la CTOP depuis cette année 2014.
Rédaction : Est-ce que vous pouvez nous donner succinctement la composition de votre réseau et les activités que vous menez au bénéfice de vos membres ?
Mme. AGBERE : Le RENAFAT est encore jeune, il a deux ans cette année et continu sa structuration. Nous défendons principalement les intérêts des femmes agricultrices. Nos actions actuellement par rapport à notre plan d’action, se situent à trois niveaux : appuyer les agricultrices quelques soit la filière à s’organiser en coopératives, assurer la participation des femmes aux projets actuels en cours (dans le cadre du PNIASA) et sensibiliser nos membres sur des thématiques relatifs à la vie socio-économiques des ruraux tels que l’hygiène sanitaire, l’espacement des naissances, l’importance de l’école pour les jeunes filles, etc... Notre plan d’action a prévu beaucoup d’activités mais difficile à réaliser à cause du manque de ressources.
Rédaction : Mme AGBGERE, la question de la jeune fille rurale que vous venez d’évoquer est cruciale de nos jours. Elles fréquentent peu ou pas, ou encore quittent très tôt les classes abandonnées à elles mêmes. Alors quelles approches de solutions proposent le RENAFAT pour venir en aide à ces filles ?
Mme. AGBERE : Evidemment la question des jeunes filles rurales nous préoccupe beaucoup car ce sont elles la relève de demain, alors on a tout intérêt à ce qu’elles soient en mesure de jouer ce rôle. Nous sensibilisons les femmes et les jeunes filles surtout dans les villages sur le bien-fondé d’aller à l’école. Pour celles qui ont abandonné les classes, nous les dirigeons vers la transformation des produits agricoles qui leur  procurera un revenu conséquent. Nous recherchons des partenaires pour soutenir ce projet de formation et d’équipement de ces jeunes filles et à cet effet, nous prévoyons dans le court terme de créer des activités génératrices de revenu (AGR) à leur profit.
Rédaction : Le Togo aujourd’hui est inscrit dans une dynamique de croissance agricole. Quel rôle joue le RENAFAT dans ce processus ?
Mme. AGBERE : Je dis d’abord bravo au grand programme PNIASA qui a pris en compte les préoccupations des femmes agricultrices et  je tiens à vous informer aussi que le RENAFAT est membre de la CTOP (Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs agricoles) qui est un partenaire stratégique dans la mise en œuvre du PNIASA. Dans ce sens nous sommes totalement associé aux différents projets car vous n’êtes pas sans savoir que le FIDA a pour cible principale les femmes (60%) et les jeunes (40%), et je profite par ce canal pour remercier ce partenaire qui fait tant pour nous les femmes. Je citerai entre autres les kits agricoles, les coquelets reproducteurs, des géniteurs de petits ruminants, des équipements, des magasins à venir, … que sais-je encore.
Rédaction : Le gouvernement togolais à travers plusieurs action milite en faveur de la lutte contre la pauvreté en milieu rural surtout celle des femmes et des jeunes. Quelle est la contribution du RENAFAT dans ce processus?
Mme. AGBERE : Je voudrais d’abord saluer le gouvernement togolais pour tout ce qu’il fait pour aider les femmes surtout les rurales, particulièrement Madame la Ministre du Développement à la Base de l’Artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. Elle a permis aux jeunes filles scolarisées ou non d’avoir accès à la formation en entreprenariat, surtout agricole. De plus elle a mis en place le FNFI (Fonds National de Finance Inclusive) pour permettre à nous les femmes surtout d’avoir accès au petit crédit. Nous prévoyons au niveau de RENAFAT sensibiliser et former nos membres sur la bonne gestion de crédit, au développement des activités de transformation afin de générer plus de bénéfice. Nous sommes aussi à la recherche de partenaires pour nous appuyer dans ce programme de renforcement de capacités de nos membres.
Rédaction : Pour finir Madame AGBERE, comment voyez-vous la femme agricultrice au Togo d’ici 2019 ?
Mme. AGBERE : Vous savez le Togo est plus que jamais tourné vers la croissance agricole et j’ai confiance que grâce aux femmes agricultrices piliers de l’exploitation agricole et garante de la sécurité alimentaire, le Togo sera un véritable grenier de la sous-région et dans les prochaines années les femmes pourront avoir leurs propres tracteurs et pourquoi pas rouler avec leur propre voiture. Merci !!
Rédaction : C’est nous qui vous remercions.



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