Interview du Docteur LATTA Appèrè, chef section production animale et halieutique et du contrôle sanitaire, Région Centrale



Rédaction : Bonjour Docteur LATTAH, vous êtes le Directeur régional de la santé animale, pouvez-vous nous présenter votre service ?
Dr LATTAH : Merci, au fait le service s’appelait direction régionale des services de l’Elevage et de la pêche. Mais avec la restructuration dans le cadre du PNIASA, c’est devenu la division du contrôle vétérinaire. Actuellement dans le cadre du PNIASA, notre service est devenu section production animale et halieutique et du contrôle vétérinaire (sous la Direction Régionale de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche) dont je suis le chef.
Rédaction : pourriez-vous nous décrire de façon succincte votre mission dans la région centrale ?
Dr. LATTAH : Nous avons trois missions principales : la première est relative à la santé publique. Dans ce cadre, nous procédons à l’inspection des denrées alimentaires par le contrôle des viandes dans les abattoirs et aires de tuerie, l’inspection des produits congelés des chambres froides et le contrôle des produits dans les magasins d’alimentation générale),
La deuxième mission est relative à la surveillance des maladies animales au Togo. A ce titre, grâce au maillage du terrain par les agents techniques d’Elevage, nous procédons à la collecte, la synthèse et l’analyse des informations zoo sanitaires au niveau de la région. Les résultats de ces informations zoo-sanitaires sont transmis au REMATO (Réseau National de Surveillance des Maladies Animales au Togo) au niveau central à Lomé.
La troisième mission à trait à l’accompagnement des  éleveurs notamment le renforcement de leur capacité sur les techniques d’élevage, les notions de prophylaxie et de premiers soins à administrer aux animaux etc…
Rédaction : Quels sont les appuis que vos services apportent aux producteurs ?
Dr. LATTAH : Nous accompagnons les éleveurs dans leurs activités sur le suivi des cheptels, les formations en conduite des animaux et aussi sur les notions  de santé animale. Il faut rappeler que nous ne travaillons pas seuls, nous travaillons avec l’ICAT à travers ses techniciens spécialistes en production animale qui est notre bras de vulgarisation, aussi avec les vétérinaires privés à qui les soins de santé animales sont dévolus dans le cadre de la privatisation du secteur ; De même nous travaillons avec des ONG qui interviennent dans le domaine de la production animale au niveau de la région dans le cadre du PNIASA.
Rédaction : Parlant du PNIASA justement, quel rôle joue vos services dans ces différents projets ?
Dr. LATTAH : Le Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire regroupe trois projets : le PADAT, le PASA et le PPAAO.  Nous Vétérinaires, nous intervenons dans le cadre du projet PASA entendu projet d’appui au secteur agricole.
 Dans le cade de ce projet PASA, il y’a beaucoup d’actions dévolues à l’élevage que je pourrais situer à deux niveaux. Les actions de vaccination (contre la maladie de New Castle, la peste de petits ruminants). Une  vaste campagne nationale de lutte contre les deux principales grandes maladies meurtrières du petit élevage est organisée depuis novembre 2012. Nous entamerons la troisième phase très bientôt. L’autre volet est le repeuplement des cheptels de petits ruminants et de volaille  à travers la distribution des béliers, de boucs et de coqs améliorateurs.
Il faut noter qu’avant le démarrage de la campagne de vaccination, le projet PASA a permis de former un grand nombre d’AVE (auxiliaires villageois d’élevage) pour appuyer les vétérinaires dans le cadre de la vaccination des volailles au niveau des villages.
Rédaction : Docteur, vous venez de citer les différentes actions au bénéfice des éleveurs, mais qu’en est-il des pêcheurs ?
Dr LATTAH : Oui effectivement, dans le cadre du PASA, le poisson n’a pas été du reste. Il y’a des actions d’appui au développement de la pisciculture. A ce titre, des formations ont été organisée à l’endroit des pisciculteurs sélectionnés et des techniciens d’appui  pour pouvoir accompagner l’activité. Des fermes piscicoles  pilotes ont été identifiées et ont bénéficié des intrants (provendes et alevins) à coût subventionnés par le projet. Au niveau de la région centrale la ferme « Excellence Millénium » du village Tchallanidè  dans la Préfecture de Tchaoudjo a été retenue comme ferme pilote.
Rédaction : Docteur aujourd’hui l’objectif de toutes ces actions est de faire des producteurs et éleveurs de vrais entrepreneurs agricoles. Quelles orientations donnez-vous aux éleveurs que vous encadrer ?
Dr LATTAH : Comme vous le savez de nos jours, les groupements sont mutés en sociétés coopératives et pour nous, les jeunes et les femmes sont la priorité dans ce processus pour faire d’eux les futurs entrepreneurs; des hommes et des femmes qui gagnent leur pain grâce à l’élevage.
Ainsi, dans le, cadre des actions additionnelles du PASA quinze (15) éleveurs de petits ruminants et quinze autres éleveurs de volaille tout genre ont été sélectionnés au niveau de la région centrale pour faire de ceux-ci des micro-entrepreneurs. Ils ont bénéficiés des formations et seront financés à hauteur de 2 à 3 millions de F CFA comme appui pour la construction de bergeries et poulaillers traditionnels améliorés, acquisition de noyaux supplémentaires d’élevage, de couveuses, achat de matériels d’élevage, de provendes, de produits vétérinaires etc... Les actions additionnelles du PASA sont étendues aux cinq régions du pays. Ces micro-entrepreneurs agricoles seront encadrés par des techniciens. de l’ICAT.  
Rédaction : Pour finir Docteur quelles sont les perspectives de l’élevage dans la région centrale ?
Dr LATTAH : La région centrale est une région où l’élevage occupe une place importante. Nous devons accompagner de façon rationnelle ces micro-entrepreneurs car les actions entamées par le PASA sont en elles-mêmes des perspectives qui permettront de développer le secteur pour avoir dans un futur proche des jeunes éleveurs entrepreneurs avec des fermes semi-modernes, rentables  pouvant couvrir les besoins du pays et ravitailler si possible la sous-région en produits carnés.
Rédaction : Nous vous remercions.


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