Entretien avec Monsieur NAGNANGO Yakouba, Directeur Exécutif de la Centrale des Producteurs de Céréales du Togo (CPC-Togo)


Afin de mieux communiquer sur les activités des faîtières d’organisations paysannes membres de la CTOP et les Coordinations Régionales des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles (CROPPA) sur des thématiques divers en plein avec la vie socio-économique des petits producteurs, la cellule communication de la CTOP dans le cadre du PAOPA- Phase principale, a réalisé un entretien avec le Directeur Exécutif de la CPC-Togo.

Rédaction : Vous êtes le Directeur exécutif de la CPC, pouvez vous nous présenter brièvement votre faîtière ?
M. NAGNANGO : Merci, je suis NAGNANGO Yakouba, Directeur Exécutif de la CPC. La CPC est la centrale des Producteurs de céréales du Togo. Elle est une faîtière nationale et regroupe des producteurs qui ont senti la nécessité de se regrouper depuis la base au niveau village, en union cantonale, préfectorale, régionale et nationale. Elle regroupe les femmes, les hommes et les jeunes tous producteurs de céréales. Et qui dit céréales dit  autres cultures mais c’est la base qui est la céréale.

Rédaction : Comment se présente la production céréalière au Togo ?
M. NAGNANGO : La CPC se réjouit beaucoup car il y’a de cela 5 ans la production céréalière est toujours excédentaire. Ca veut dire que de bonnes volontés œuvrent grâce à l’appui du gouvernement, pour pouvoir produire suffisamment pour nourrir la population togolaise et dégager les excédents pour pouvoir satisfaire les autres pays frontaliers et aussi de la sous région.

Rédaction : Monsieur NAGNANGO, la campagne agricole de cette année tends vers la fin, quelle lecture faites-vous de celle-ci ?
M. NAGNANGO : Effectivement la campagne agricole tire à sa fin et à partir de nos investigations sur le terrain, le producteur togolais ne se plaint pas, car à partir d’un moment donné on avait pensé que la saison pluvieuse ne serait pas à temps mais elle s’est rattrapée. A la vue de la biomasse à travers les champs céréaliers on se dit qu’on aura une production satisfaisante au cours de cette campagne.

Rédaction : Les producteurs agricoles dans la sous-région ouest africaine et particulièrement au Togo, rencontrent souvent plusieurs difficultés, quels sont les défis auxquels font face ces derniers ?
M. NAGNANGO : Au niveau de la production céréalière, je dirai que le problème récurent est la mévente de nos excédents céréaliers. Par exemple la campagne passée 2013-2014, les producteurs ont eu un excédent céréalier qu’ils n’ont pas pu vendre. Alors que faire du stock déjà existant et surtout celui de cette campagne ? La CPC a mis en branle un plaidoyer avec ses premiers partenaires qui sont la CTOP et le ROPPA vers les autorités togolaises, pour faciliter la vente des céréales, malgré que ce sont des produits stratégiques à l’extérieur et rentrer dans ses fonds.
Rédaction : Au niveau de l’état togolais des réformes institutionnelles et juridiques sont en cours pour faciliter la vente des produits vivriers à l’extérieur. Alors aujourd’hui quelles sont les opportunités et la capacité réelle des petits producteurs à avoir accès à ces marchés ?
M. NAGNANGO : Au Togo le marché de céréales existe mais il va falloir l’organiser. La CPC a mis en place le SIM (système d’information du marché) qui donne les prix en temps réels sur tous les marchés céréaliers au Togo. Ainsi le producteur pourra décider de quand, où  et à quel prix il pourra vendre son produit. Mais ce qui demeure encore comme problème majeur ce sont les intermédiaires, avant le marché, dans le marché et auprès du consommateur final, ce qui crée un manque à gagner au producteur.

Rédaction : Justement le SIM a fait son chemin et voici 4 ans que vous avez fait le lancement du processus. Quel bilan faites-vous de son application ?
M. NAGNANGO : Merci pour cette question, cela me permet de vous parler du SIM. Le SIM est le système d’information des marchés. Il concerne 40 marchés aux céréales sur toute l’étendue du territoire nationale. Ces marchés sont de trois types : les marchés de production, les marchés de collecte et les marchés de consommation. Dans chaque région il y’a huit (08) marchés qui sont enquêtés par les producteurs eux-mêmes (un paysan se charge de la collecte des prix sur le marché). L’information est envoyé simultanément au serveur central qui permet d’avoir la tendance des pris selon le marché, le serveur étant connecté l’information est instantanément diffusé sur internet sur le site www.cpc-togo.org .

Rédaction : Monsieur le Directeur exécutif, l’un des défis majeurs auxquels fait face le petit producteur est le changement climatique. Alors quels sont les approches de solutions préconisées par la CPC afin de renforcer leur résilience ?
M. NAGNANGO : Je dirai que c’est notre premier défi, et sur ce point la CPC a mis au point une stratégie visant à amener les producteurs à adopter des techniques culturales innovantes (gestion de la fertilité des sols par la fumure organique et les plantes fertilisantes, la professionnalisation de l’agriculture, l’emploi des semences améliorées et résistantes et adaptées au climat actuel, etc.)


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